Notre Dâme de Paris

L’Ile de la Cité au moyen âge

Le vice et la vertu au cœur du Paris médiéval

Lîle de la Cité, cœur et berceau de Paris, offre une bien curieuse physionomie durant l’époque médiévale.

Vingt-et-une églises et chapelles, ainsi que la Cathédrale de Notre-Dame, lui assurent un statut de centre religieux. La Grand’chambre du Parlement et les prisons du Châtelet dans le prolongement du Pont aux Changes, veillent de façon exemplaire sur la paix et la sécurité. Malgré ce zèle, aux marches de ces établissements grouille un autre monde, celui des « mauvais garçons » et « ribaudes de fole vie ». Les vertus de la foi et de la justice s’opposent au vice, aux crimes et  délits. Découvrez durant cette visite pittoresque l’envers de la Cité médiévale !

Commençons notre visite devant la cathédrale. Lieu du culte, siège de l’évêque de Paris, chef-d’œuvre d’architecture gothique, Notre-Dame-de-Paris symbolise la domination absolue de la fois catholique. On y vient pour prier, mais aussi pour assister aux sentences rendues par l’évêque. Sur le parvis, les condamnés venaient cièrge à la main faire amande honorable avant  de subir le supplice. Evoquons quelques célèbres condamnés : Jacques de Molay et les Templiers, menés en ce lieu pour leur faire avouer leurs « crimes ».

A droite de la cathédrale se trouvait le plus grand établissement charitable de Paris : l’Hôtel –Dieu. Hospice et hôpital à la fois, il faisait l’office de refuge pour chaque besogneux. Evoquons le fonctionnement de cet immense organisme, de son personnel admirable, qui avec dévouement prodiguait des soins aux malades des siècles durant.

De nombreuses églises se trouvaient à proximité. Leurs constructions n’ont pas résisté à l’usure du temps, mais  grâce à de nombreuses sources nous pouvons reconstituer leur histoire et connaître leur importance dans la vie des paroissiens. Leur rôle ne se limitait pas aux offices et  jours de saints patrons. Vous découvrirez que sur les marches de l’église de Saint-Jean-le-Rond, les nouveaux-nés indésirables étaient abandonnés et faisaient aussi l’aubaine des criminels ; les rumeurs de commerce de jeunes enfants circulaient dans la Cité. Le curé de l’église de Sainte-Marine confessait des prisonniers des geôles épiscopales ; l’église de Sainte-Geneviève-des-Ardents avait pour le bienfaiteur Nicolas Flamel, magicien et alchimiste, selon la légende.

La Cité médiévale était un épicentre de bruit permanant avec son réseau de rues sinueuses. On y trouvait tavernes et auberges réputées douteuses. Toute la pègre s’y fréquente. Nous visiterons l’ancienne rue de la Juiverie où prônait la célèbre taverne Pomme de Pin, tenue par Robin Turgis. Y avait lieu des « scènes bien moyen âge ».  Les jeux interdits aux dès, cartes, quilles et autres, étaient pratiqués sans retenue, et les « femmes dissolues » y exerçaient sans scrupules le plus vieux métier du monde. A travers l’histoire de la « pauvresse » Marion, vous verrez ce qu’était le Val d’Amour, cette fameuse rue de Glatigny, fief des prostituées dans laquelle y régnaient des maisons publiques d’une détestable réputation.

Quelques affaires criminelles passées dans la Cité d’une originalité inouïe ont survécu jusqu’à nos jours. La rue des Marmousets a fait sa gloire grâce à l’ « affaire de la pâtisserie à la chaire humaine ». Cette série de meurtres a même traversé la Manche pour s’y transformer en légende de Sweeney Todd.

Pour châtier des criminels, les prières ne suffisaient plus : nous passerons devant le Pont aux Changes au bout duquel se trouvait le Grand Châtelet. Cette prison, siège du prévôt de Paris, était connue pour ses cachots et ses oubliettes et tentait de maintenir l’ordre dans la Cité.

En face s’élevait le Palais de la Cité (actuel Palais de Justice), résidence du roi de France, dans laquelle la Grand’chambre du Parlement ouvrait ses portes dès l’aube pour que justice y soit rendue. Nous ouvrirons quelques dossiers et ferons connaissance avec le quotidien de la justice médiévale.

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